Croix et résurrection, une christologie abstraite et moderne par l’image (Armin Kressmann, Sainte-Claire Vevey)

« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire » (« Wovon man nicht sprechen kann, darüber muss man schweigen« ) … et, au mieux, le montrer, selon Ludwig Wittgenstein)

Voici une œuvre qui s’inscrit dans deux réflexions actuelles, la philosophie de l’art et la théologie moderne, confrontée à l’impossibilité de « dire Dieu » tel que la « tradition » le fait, toujours et encore. Après la Shoah et Hiroshima dire Dieu tout-puissant est indécent. Dieu caché, dans la bonté discrète et timide vécue et toujours présente, même au sein des tragédies les plus horribles, Dieu invisible, l’art est peut-être le lieu le plus privilégié pour le dire ou « montrer » encore.

Pâques, après la crucifixion, événement radicalement manifeste, la résurrection est un « non-événement », dans le sens que rien n’est à voir, … sauf le tombeau vide. Voici le message « crucial ».

Dans la tradition protestante réformée, dans nos église la croix n’est pas « habitée », il n’y a pas le corps du crucifié. Rendre visible l’invisible, le mystère de la tension entre la croix et la résurrection, est donc une aventure mystique, on pourrait aussi dire problématique, comme est de toute façon devenu problématique toute tentative de vouloir montrer ou dire « Dieu ».

Actuellement, dans le cadre de l’exposition« L’AUTRE ? Comment rendre visible l’invisible ? », se trouve à l’église Sainte-Claire de Vevey une tentative de visualiser l’invisible de la résurrection, ou de la crucifixion, comme élévation dans la tradition de l’évangile selon Jean. Une œuvre « figurative abstraite », respectant la tradition protestante réformée. Elle s’inscrit ainsi dans le projet « Art et Foi à Sainte-Claire » qui relève le défi de communiquer l’évangile pas seulement par la parole et le texte, mais aussi par les arts visuels et plastiques.

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